L’armure de Dieu nous est proposée face à un ennemi redoutable. Depuis le commencement, il s’efforce par tous les moyens de voler ses victimes, avant de les égorger et de les détruire. Ses attaques se portent en premier lieu sur l’unité de l’esprit. Paul nous exhorte donc dans Éphésiens 4.1-3 à le conserver par le lien de la paix. Chaque église et chaque foyer chrétiens devraient s’équiper pour résister au diable et garder son harmonie relationnelle, d’où le rôle primordial que joue la partie de l’armure que nous allons examiner.

PREDICATION OU PREPARATION ?

Les sandales du combattant possèdent un caractère à la fois défensif et offensif et déterminent sa stabilité et sa rapidité à se déplacer. L’évangile de paix, telle une alarme dans sa conscience, le réveillera pour qu’il réagisse promptement et avec zèle, face au trouble. Cependant, la version anglaise de ce verset parle, non du zèle, mais de la préparation de l’évangile de paix. L’original grec semble aussi s’accorder avec cette interprétation. On dit toujours que cette partie de l’armure est un encouragement à manifester son zèle pour aller prêcher la bonne nouvelle à ceux qui ne connaissent pas le Seigneur, pour qu’ils se réconcilient à Lui. Or si l’on s’attache au contexte du livre d’Éphésiens, Paul semble davantage s’exprimer à propos de la préparation, plutôt que de la prédication de l’évangile. Au fait, cette préparation est la première prédication de l’évangile qui consiste, non en paroles, mais en conduite pacifique. Jésus en parle dans le sermon sur la montagne dans Matthieu 5.9 : Heureux ceux qui procurent la paix, car ils seront appelés fils de Dieu!

En d’autres mots, « heureux ceux qui ne laissent pas dans la bouche des autres, le goût amer de leurs mauvaises attitudes et réactions, mais qui reviennent vers eux avec la douceur de la repentance et de l’esprit de la réconciliation. Ceux-là procurent la paix et seront reconnus et appelés fils de Dieu. » On ne peut être parfait, mais on peut toujours s’efforcer de réparer nos imperfections n’est-ce pas ?

Ces chaussures contribuent donc à préparer le cœur de ceux qui ne connaissent pas Dieu, auprès desquels nous pourrions laisser les traces de nos anciens souliers de païen, ceux d’un mauvais témoignage. L’apôtre Pierre en parle dans 1Pierre 2.12 : Ayez au milieu des païens une bonne conduite, afin que, là même où ils vous calomnient comme si vous étiez des malfaiteurs, ils remarquent vos bonnes œuvres, et glorifient Dieu, au jour où il les visitera.

Nous pouvons et devrions semer l’évangile par nos paroles, mais prenons garde à ce que nos vieux sabots maladroits ne foulent ces semences. Les chaussures de la préparation de l’évangile de paix au contraire, rendent nos pieds habiles et sages pour ne pas les détruire. L’évangile continuera alors son chemin jusqu’au fond des coeurs réceptifs et nous pourrons nous réjouir du fruit de notre persévérance et de notre bon combat