Examinons de près les deux passages que j’ai cités dans mon article « l’ennemi insoupçonné n°3 », à savoir, Éphésiens 6.10-17 et Matthieu 16 et 18. Aujourd’hui, nous nous limiterons à Matthieu 16 et 18.

Lier et délier

 Matthieu 18. 14-20 :  » De même, ce n’est pas la volonté de votre Père qui est dans les cieux qu’il se perde un seul de ces petits. Si ton frère a péché, va et reprends-le entre toi et lui seul. S’il t’écoute, tu as gagné ton frère. Mais, s’il ne t’écoute pas, prends avec toi une ou deux personnes, afin que toute l’affaire se règle sur la déclaration de deux ou de trois témoins. S’il refuse de les écouter, dis-le à l’Église; et s’il refuse aussi d’écouter l’Église, qu’il soit pour toi comme un païen et un publicain. Je vous le dis en vérité, tout ce que vous lierez sur la terre sera lié dans le ciel, et tout ce que vous délierez sur la terre sera délié dans le ciel.  Je vous dis encore que, si deux d’entre vous s’accordent sur la terre pour demander une chose quelconque, elle leur sera accordée par mon Père qui est dans les cieux. Car là où deux ou trois sont assemblés en mon nom, je suis au milieu d’eux.  »

Il faut savoir que  » lier » et « délier  » sont des expressions qui n’ont rien à voir avec le fait d’agir physiquement pour lier une personne en l’attachant pour l’immobiliser ou pour en délier une autre, afin de la laisser aller, libre de tout lien qui la retenait attachée. Cette expression signifie simplement : ne pas permettre et permettre. C’est l’action d’une autorité spirituelle dans le cadre d’une discipline dans l’église. Le contexte s’y prête d’ailleurs parfaitement puisque, juste avant, Jésus parle d’une action disciplinaire envers un membre de l’église qui ne se repentait pas. Cela rejoint aussi ce que Paul dit aux Corinthiens :

1Corinthiens 5.3-5 :  » Pour moi, absent de corps, mais présent d’esprit, j’ai déjà jugé, comme si j’étais présent, celui qui a commis un tel acte. Au nom du Seigneur Jésus, vous et mon esprit étant assemblés avec la puissance de notre Seigneur Jésus, qu’un tel homme soit livré à Satan pour la destruction de la chair, afin que l’esprit soit sauvé au jour du Seigneur Jésus.  »

Ici, « vous et mon esprit étant assemblés » se connecte aisément à « Matthieu 18.20 :  » Car là où deux ou trois sont assemblés en mon nom, je suis au milieu d’eux. ».

Et « afin que l’esprit soit sauvé au jour du Seigneur Jésus » rappelle sans trop d’effort intellectuel, Matthieu 20.14 :  » De même, ce n’est pas la volonté de votre Père qui est dans les cieux qu’il se perde un seul de ces petits. ».

« Lier et délier » est donc une action disciplinaire, qui peut aller loin et ne peut être pratiquée avec légèreté, par un leadership animé de frustration, et cherchant à se débarrasser d’un de ses membres, dont la vie et le témoignage sont devenus gênants. Le but est toujours de gagner notre frère pour Christ, s’il a péché.

 » Délier  » ne nous donne pas d’autorité sur le Saint-Esprit pour relâcher Sa puissance ni sur les anges qui sont directement sous l’autorité de Dieu. Combien de fois ai-je, dans le passé, délié un esprit d’unité après avoir lié l’esprit de division, délié un esprit de réconciliation après avoir lié l’esprit de divorce, etc ?

 » Délier  » parle encore une fois, de décisions d’autorité devant être prises dans des situations exceptionnelles, où une solution est adoptée pour un problème ponctuel.

Je pense que les décisions prises lors du concile de Jérusalem, relèvent du « lier et délier » de Matthieu 16, dans le cadre de la construction de l’église.

Matthieu 16.18 :  » Et moi, je te dis que tu es Pierre, et que sur cette pierre je bâtirai mon Église, et que les portes du séjour des morts ne prévaudront point contre elle. Je te donnerai les clefs du royaume des cieux: ce que tu lieras sur la terre sera lié dans les cieux, et ce que tu délieras sur la terre sera délié dans les cieux. Cette fois-ci il n’y eut point eu d’action disciplinaire, mais une directive claire de choses prescrites aux païens.  »

Actes 15.28 : Car il a paru bon au Saint Esprit et à nous de ne vous imposer d’autre charge que ce qui est nécessaire, savoir, de vous abstenir des viandes sacrifiées aux idoles, du sang, des animaux étouffés, et de l’impudicité, choses contre lesquelles vous vous trouverez bien de vous tenir en garde.  »

Notons que dans Matthieu 16, Jésus parle de l’exercice d’une grande autorité, exercée sur la Terre, mais scellée dans le ciel par Dieu Lui-même. Les apôtres et le Saint-Esprit, sur la Terre, prirent ensemble une décision, validée par le Père et le Fils qui sont au ciel.

En conclusion,  » lier  » et  » délier  » ne soutiennent absolument pas l’idée d’un combat spirituel mené par les chrétiens contre les forces du mal. Le chrétien doit prier, c’est-à-dire demander à Dieu Son action en sa faveur, et non prendre l’initiative d’agresser l’ennemi par un combat spirituel acharné.