La grâce de Dieu peut toucher l’homme, à condition qu’il ne touche pas à cette grâce. Simple jeu de mot ou réalité?

2ème partie
Le plan de rédemption de Dieu est aussi un tableau magnifique, dont Dieu a déjà déterminé les contours, les formes et les couleurs. Pour l’accomplir, seule la grâce peut y parvenir. C’est pourquoi, ce n’est que par la foi que l’homme y a accès pour son salut. Vouloir changer quoi que ce soit à ce plan de rédemption, c’est tenter de retoucher ce tableau, avec des mains tremblantes et impures. Cela ne fera que corrompre la grâce de Dieu et la rendre vaine pour notre vie.
C’est pourquoi, la grâce requiert la foi pour être reçue. L’attitude de foi permet à cette grâce, d’agir parfaitement et de toucher l’homme efficacement. Mais cette foi consiste à retirer ses mains de l’œuvre de Dieu, et à croire avec une simplicité d’enfant. L’apôtre Pierre dit que Dieu fait grâce aux humbles mais Il résiste aux orgueilleux. L’orgueilleux est, entre autre, celui qui n’accepte pas de recevoir sans donner quelque chose en retour. L’homme religieux essaie toujours et encore d’ajouter à la grâce par ses œuvres. En touchant à cette grâce de cette manière, il annule son transfert à son compte et perd ainsi l’occasion de s’enrichir spirituellement.
On finit par toucher à la grâce de Dieu, lorsqu’on se compare et se mesure à elle, et l’on finit par trouver que c’est trop beau pour être vrai, trop incroyable pour être cru, trop simple pour être digne de confiance, laissant place à trop de liberté. Et l’on finit même par la considérer comme trop risquée, voir même dangereuse. C’est alors que nous sortons notre panoplie d’artiste retoucheur et notre gouache devient alors notre gâche-tout. Notre coup de pinceau a des allures spirituelles et humbles, mais il n’est souvent que de l’incrédulité, tout d’abord, envers nous-mêmes, avec nos petits « je ne suis pas digne » par ci, nos énormes « Dieu ne me pardonnera jamais » par là, ou des « je ne ferai plus cela » qui affichent de la bonne volonté.
En effet, lorsque nous échouons à faire la volonté de Dieu, ne touchons pas à la grâce de Dieu en lui faisant des retouches. Nous avons besoin d’elle, telle qu’elle est, dans sa pureté, dans sa puissance. Confessons tout simplement notre péché, repentons-nous, et la grâce de Dieu agira par elle même, pour nous pardonner et nous purifier. Celui qui ajoute à la grâce des promesses, des vœux et des œuvres, risque d’annuler le transfert de cette grâce en sa faveur, et se retrouver en proie à des sentiments de condamnation de toutes sortes, lors des prochaines défaillances. Quelles luttes s’engagent ensuite pour s’en débarrasser !
Ensuite envers les autres, nos petits coups de pinceaux, couverts de perfectionnisme, se posent rapidement sur les défauts, les ratés des autres. Ils ont un toucher décourageant de jugement et de reproche. Leurs pointes sont imprégnées de légalisme. Elles laissent de profondes rayures dans le cœur du tableau, difficiles à réparer, mais, gloire au grand maître, à qui rien n’est impossible. Il peut refaire ce que l’homme défait. Hélas, le légalisme a souvent le temps de tout complètement détruire, au point que le tableau lui-même se ferme à toute intervention, même pour le restaurer.
En conclusion, ne touchons donc jamais à la grâce de Dieu, mais laissons-la nous toucher. Elle seule, dans sa pureté peut nous sauver et sauver les autres.