Hier, en roulant en voiture, je me suis pris en flagrant délit de mauvaise attitude. Coincé dans une file qui avançait tout doucement, je me suis aperçu que, soudain, le troisième véhicule qui roulait devant moi, s’arrêta pour laisser passer ceux qui arrivaient d’en face. Le passage était si étroit à cet endroit, qu’il ne pouvait permettre une circulation à double sens, d’une manière simultanée. J’étais tellement content de l’avancement rapide de notre file ! Comment ce conducteur s’était-il permis de s’arrêter soudainement, alors que nous étions tous bien élancés pour passer de l’autre côté? Je n’étais pas furieux mais aurais pu le devenir, si je n’étais pas rentré en moi-même, pour réaliser que je n’étais pas juste, dans mon attitude. Celui, qui s’était arrêté, était bien plus altruiste que moi. Il a pensé à la longue file qui attendait son tour, de l’autre côté, et a fait un geste de civisme qui a exposé mon égoïsme. Qu’est-ce qu’on peut être égoïste parfois ? Nous aimons tellement tirer profit de nos droits, sans penser à la souffrance des autres. Car, c’était notre droit, sur cette file, de continuer à passer jusqu’à ce que tous soient passés. Ensuite, viendrait le tour de ceux d’en face. 
Vivre, sur le fondement de nos droits, est une des manières les plus misérables de vivre. Cela génère tellement de souffrances dans notre société. Nous avons, peut-être, tous un petit bout de Jonas en nous. Nous nous réjouissons vite du ricin que Dieu fait pousser rapidement au dessus de notre tête, mais nous sombrons aussi vite dans les murmures, lorsqu’il nous est enlevé. Quand tout ne se passe pas comme nous voulons, nous manifestons de l’impatience, nous revendiquons nos droits. Pour ma part, je me suis dit, comme Paul:  » Misérable que je suis ! Qui me délivrera de la mort de ce corps ! « . Combien de changements doivent encore s’opérer dans nos vies ? Humilions-nous devant Celui-là seul, qui peut nous libérer de tout notre héritage charnel. À Lui seul soit la gloire ! Amen.