Lorsque nous nous laissons captiver, nous franchissons un autre cap qui extériorise davantage le péché et qui scelle notre condition : nous sommes capturés et devenons maintenant un prisonnier. Ce fut le cas pour Samson qui, après s’être fait bruler les yeux,  s’est retrouvé à tourner la meule dans la prison des Philistins. Sa vie en captivité nous révèle ce qu’est la vie spirituelle d’un chrétien vaincu par le péché. Tout d’abord, l’onction de Dieu sur lui n’a plus de force pour repousser l’ennemi. Il vit sur des souvenirs de victoire, mais il ne vit plus la victoire. Ensuite, il devient aveugle. Il perd de vue sa vocation. Il perd de vue ses relations. Il se retranche derrière les barreaux de ses raisonnements et ne peut plus donner accès aux autres pour l’aider. Dès lors, sa vie se caractérise par un long « tourner en rond ». Comme on ne peut progresser sans être libre, on s’habitue, non sans souffrances, à nos chaînes, tout en tournant la meule de l’ennemi. Car, lorsqu’on est captif de l’ennemi, le but est de produire pour son royaume. On fournit le grain pour nourrir ses sujets. La médisance, la critique et le jugement sont soigneusement broyés par la meule de notre cœur corrompu. On se transforme alors vite, en usine de productions des œuvres de la chair et l’ennemi s’en sert pour nourrir ses soldats. La vie de captivité est paradoxalement une vie invivable qu’on arrive finalement à vivre.

Tout comme David, nous finissons par commettre l’irréparable. David, en tant que roi, était l’homme le plus libre du royaume d’Israël, mais il devint après une soirée, son plus grand prisonnier. David devint prisonnier de sa chair, de ses œuvres et de ses décisions. Il transgressa les commandements de Dieu en convoitant la femme d’Urie, en commettant l’adultère avec elle, et en faisant tuer son mari. David était devenu tellement aveugle sur sa condition qu’il prononça lui-même sans le savoir, son propre jugement devant le prophète Nathan en disant :   » l’homme qui a fait cela mérite la mort « . Lorsqu’on devient aveugle, on peut finir par croire que Dieu l’est aussi, mais Il ne l’est pas, Il voit tout.

Quant à Hérode, pris au piège de son orgueil, il ne put renoncer à faire décapiter Jean. Vous réalisez où peut mener le péché. À échanger la tête d’un prophète pour les faveurs d’une jeune fille.  Prisonniers de nos liens, que ne serions-nous pas prêts à donner pour la satisfaction de la chair? Nous entrons dans des compromissions qui sont, en réalité, des alliances déguisées et difficiles à briser. Le péché est vraiment une horrible prison qui ne se voit pas comme telle,  jusqu’à ce qu’elle referme ses portes sur nous. Restons éveillés. Ne nous laissons pas captiver, ne nous laissons pas capturer. Fuyons comme Joseph en présence de la femme de Potiphar. Ne cédons à aucune avance du péché, son but est de nous faire reculer.  C’est tellement bon de servir notre Dieu dans la liberté et dans la paix. Amen !